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Convention IRSA : règlement des sinistres entre assureurs

Par Damien Roussel · Publié le · 12 min lecture

Vous recevez un chèque d’indemnisation de votre propre assureur quelques jours après un accident dont vous n’étiez pas responsable, sans avoir jamais eu affaire à la compagnie du conducteur fautif. Cette rapidité, qui semble évidente aujourd’hui, repose sur un dispositif méconnu du grand public : la convention IRSA. Derrière cet acronyme se cache l’accord qui régit la quasi-totalité des règlements de sinistres matériels entre assureurs français.

Comprendre son fonctionnement change le regard que l’on porte sur l’indemnisation auto. La convention IRSA explique pourquoi votre assureur vous paie même quand un autre est en tort, pourquoi la responsabilité retenue dépend des cases cochées sur le constat, et pourquoi la contester relève parfois du parcours du combattant. Voici comment les assureurs règlent réellement les sinistres entre eux en 2026, et ce que cela implique concrètement pour votre indemnisation et votre bonus-malus.

La convention IRSA, un accord entre assureurs et non une loi

La convention IRSA, pour Indemnisation et Recours des Sinistres Automobiles, est un accord professionnel signé entre les compagnies d’assurance membres de la profession, et non une disposition du Code des assurances. Sa fonction unique consiste à organiser et accélérer le règlement des sinistres matériels entre les assureurs, sans modifier les droits que votre contrat vous garantit.

Cette distinction est fondamentale. La convention ne crée aucune obligation à votre égard et ne peut jamais réduire la couverture prévue par votre police. Elle se contente d’organiser la circulation des fonds entre les compagnies, qui acceptent réciproquement de s’indemniser selon des règles communes plutôt que d’engager pour chaque dossier une discussion au cas par cas. Le portail service-public.fr rappelle dans sa fiche officielle sur le bonus-malus que la responsabilité retenue par l’assureur, qui découle directement de l’application de cette convention, détermine ensuite l’évolution de votre coefficient.

Avant l’existence de ce type d’accord, chaque sinistre donnait lieu à un recours direct d’assureur à assureur sur le coût réel, mécanisme lent et coûteux en gestion. La convention a remplacé cette logique par un système de recours forfaitaire et d’indemnisation directe, dont vous êtes le premier bénéficiaire en termes de délai. La quasi-totalité des assureurs auto opérant en France y adhèrent, ce qui en fait le cadre de référence pour la grande majorité des accrochages du quotidien.

L’indemnisation directe, pierre angulaire du dispositif

Le principe central de la convention IRSA est l’indemnisation directe : votre propre assureur vous indemnise pour les dommages de votre véhicule, quel que soit le responsable de l’accident, dès lors que votre contrat le prévoit. Vous n’avez donc jamais à contacter ni à attendre la compagnie du conducteur adverse pour être réglé.

Concrètement, lorsque vous subissez un accrochage, vous déclarez le sinistre à votre seul assureur, qui prend en charge l’expertise, l’évaluation des dommages et le versement de l’indemnité selon vos garanties. C’est ensuite à lui de se retourner contre l’assureur du responsable pour récupérer sa mise, sans que cette opération vous concerne ni ne vous retarde. Ce circuit explique pourquoi un conducteur non responsable est parfois indemnisé plus vite qu’un dossier ne le laisserait supposer, l’assureur n’attendant pas l’aboutissement du recours entre compagnies pour vous régler.

L’indemnisation directe ne fonctionne toutefois que dans la limite de vos garanties. Si vous n’avez souscrit qu’une assurance au tiers, votre véhicule n’est couvert que pour la part des dommages dont un tiers identifié est responsable, par le jeu de votre responsabilité civile et du recours. Pour être indemnisé de vos propres dégâts lorsque vous êtes responsable ou en l’absence de tiers, il faut disposer d’une garantie dommages, comme l’expliquent en détail nos analyses des formules intermédiaires tiers plus et de l’arbitrage entre tiers, tiers plus et tous risques. La convention organise la circulation des fonds, elle ne remplace jamais une garantie absente du contrat.

Le barème de responsabilité, cœur du règlement entre assureurs

Pour répartir la charge financière, la convention IRSA s’appuie sur un barème de responsabilité, c’est-à-dire une grille de cas types qui attribue automatiquement les torts à partir des seules informations du constat amiable. Ce barème reconstitue la responsabilité de chaque conducteur selon les cases cochées, indépendamment de l’appréciation subjective que chacun se fait de l’accident.

Le mécanisme fonctionne ainsi : les cases cochées sur le constat décrivent les manœuvres de chaque véhicule (en stationnement, sortant d’un parking, changeant de file, reculant, abordant un carrefour). Le rapprochement de ces cases avec les cas de barème détermine une répartition standardisée des responsabilités, le plus souvent 0, 50 ou 100 pour cent. Un véhicule percuté à l’arrière alors qu’il était à l’arrêt sera presque toujours considéré non responsable ; un véhicule qui reculait ou changeait de file portera généralement l’essentiel des torts. C’est précisément pour cette raison que le remplissage du constat est décisif, comme le détaille notre guide pour remplir correctement chaque case du constat amiable.

Prenons un exemple concret pour mesurer la portée du barème. Deux véhicules circulent sur des voies parallèles ; l’un change de file et accroche l’autre qui poursuivait tout droit. Si les cases cochées indiquent ce schéma, le barème attribue la responsabilité quasi totale au véhicule qui changeait de file, sans qu’aucune discussion sur la vitesse ou l’attention de l’autre conducteur ne vienne nuancer ce résultat. À l’inverse, dans un carrefour à priorité contestée, des cases mal renseignées peuvent aboutir à un partage 50-50 alors qu’un seul conducteur était réellement fautif. Le barème ne connaît que les cases, jamais le récit.

L’enseignement pratique est sans appel : la convention ne juge pas l’accident, elle traduit mécaniquement le constat. Une case cochée par erreur ou par méconnaissance peut donc vous attribuer une responsabilité que la réalité des faits ne justifiait pas. À l’inverse, un constat bien renseigné, accompagné de croquis précis et éventuellement de témoignages, protège votre version. Cette logique vaut aussi pour le constat dématérialisé, dont les limites et délais sont traités dans notre analyse de l’e-constat sur smartphone.

Le recours forfaitaire et le seuil de 6 500 euros

Une fois la responsabilité fixée par le barème, l’assureur du conducteur non responsable récupère sa mise auprès de l’assureur du responsable. Cette récupération s’opère, en deçà d’un certain montant, par un recours forfaitaire : un remboursement calculé sur un montant moyen prédéfini plutôt que sur le coût réel de la réparation.

Le forfait simplifie radicalement la gestion. Plutôt que de discuter le détail de chaque facture de carrosserie, les compagnies s’échangent un montant moyen révisé périodiquement, qui s’équilibre statistiquement sur l’ensemble des dossiers traités chaque année. Sur certains sinistres, le forfait dépasse le coût réel, sur d’autres il lui est inférieur ; à l’échelle du parc, l’opération s’équilibre, ce qui justifie économiquement le dispositif. Les volumes en jeu sont considérables : France Assureurs documente sur sa page consacrée à l’assurance automobile le poids de cette branche, qui concentre des millions de sinistres matériels réglés chaque année, très majoritairement dans le cadre conventionnel.

Le recours forfaitaire ne s’applique toutefois que sous un seuil conventionnel, fixé à 6 500 euros hors taxes de dommages par véhicule en 2026. Au-delà de ce montant, les assureurs sortent du forfait et exercent un recours au réel, c’est-à-dire fondé sur le coût effectif des réparations et sur le droit commun de la responsabilité. Ce basculement reste invisible pour vous : que le sinistre soit réglé au forfait ou au réel entre compagnies, votre indemnisation dépend exclusivement de votre contrat et de la responsabilité retenue. Le seuil ne joue qu’entre assureurs, jamais sur le montant que vous percevez.

Une illustration chiffrée clarifie ce point. Supposons un accrochage de carrefour où votre pare-chocs et un feu sont endommagés pour 1 800 euros de réparation, l’autre conducteur étant déclaré responsable par le barème. Votre assureur vous règle ces 1 800 euros selon votre garantie, puis récupère auprès de la compagnie adverse un montant forfaitaire moyen qui peut être supérieur ou inférieur à cette somme : l’écart est absorbé entre compagnies. Si à l’inverse les dommages atteignent 9 000 euros, on dépasse le seuil de 6 500 euros et le recours s’exerce alors au réel, sur la facture exacte. Dans les deux cas, vous percevez exactement ce que prévoit votre contrat, ni plus ni moins, le mode de récupération entre assureurs ne modifiant jamais votre indemnité.

Convention IRSA et bonus-malus, le lien direct

La responsabilité reconstituée par la convention IRSA ne reste pas confinée aux échanges entre compagnies : elle détermine aussi, dans la quasi-totalité des cas, l’évolution de votre coefficient de réduction-majoration. C’est là que le mécanisme cesse d’être abstrait et touche directement votre portefeuille sur plusieurs années.

Le coefficient bonus-malus est encadré par l’annexe à l’article A121-1 du Code des assurances, qui prévoit qu’un sinistre dont vous êtes totalement responsable majore votre coefficient de 25 pour cent, et de 12,5 pour cent en cas de responsabilité partagée. Or la responsabilité prise en compte pour appliquer cette majoration est précisément celle issue du barème conventionnel. Un conducteur déclaré responsable à 50 pour cent par la convention verra donc son coefficient évoluer en conséquence, avec un impact qui se prolonge sur plusieurs échéances. Notre guide du calcul du bonus-malus avec exemples chiffrés détaille cette mécanique année par année.

L’enjeu est donc double. Une responsabilité mal attribuée par un constat imprécis ne se traduit pas seulement par une franchise à régler, mais par une majoration durable de votre prime. Sur un véhicule à coefficient déjà élevé, l’effet peut être lourd, et la sortie du malus s’avère lente, comme l’illustrent nos analyses du coefficient minimal de 0,50 atteint après treize ans sans accident. Vérifier et, si nécessaire, contester la responsabilité conventionnelle avant qu’elle ne se cristallise sur votre relevé d’information constitue donc un réflexe financièrement rationnel.

Ce que la convention IRSA ne couvre pas

Le champ de la convention IRSA est précisément délimité, et plusieurs situations en sortent entièrement. Les connaître évite de fonder de fausses attentes sur un dispositif qui ne traite qu’une catégorie de sinistres.

La convention ne concerne que les dommages matériels aux véhicules. Les dommages corporels relèvent d’un régime totalement distinct, celui de la loi Badinter du 5 juillet 1985, qui organise l’indemnisation des victimes selon des principes propres et bien plus protecteurs, traités dans notre dossier sur l’indemnisation des victimes au titre de la loi Badinter. Un même accident peut donc relever de la convention IRSA pour la tôle froissée et de la loi Badinter pour les blessures.

La convention suppose également la présence de deux véhicules assurés par des compagnies adhérentes. Lorsque le tiers n’est pas assuré, prend la fuite ou n’est pas identifié, le dispositif conventionnel ne s’applique pas et d’autres mécanismes prennent le relais, notamment le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages pour les responsables non assurés ou non identifiés, comme l’explique notre analyse de l’indemnisation après un sinistre sans tiers identifié. De même, un accident impliquant un seul véhicule sans tiers, ou survenu à l’étranger, échappe au cadre IRSA. Enfin, lorsque l’un des deux assureurs n’a pas adhéré à la convention, le règlement se fait par recours classique au réel, sans que vos droits contractuels en soient pour autant diminués.

Comment vérifier et contester la responsabilité retenue

Parce que la convention IRSA traduit mécaniquement le constat, l’essentiel se joue dès la déclaration du sinistre. Adopter une démarche méthodique permet de protéger à la fois votre indemnisation et votre bonus-malus.

Première étape, soigner le constat sur place. Cochez chaque case en conscience, refusez de signer un document inexact, complétez le croquis avec précision et notez les coordonnées de tout témoin. Photographiez les positions des véhicules avant de les déplacer ainsi que les dommages. Ce sont ces éléments qui pèseront si la répartition issue du barème vous semble injuste. La déclaration formelle à votre assureur, dont les délais sont rappelés dans notre guide de la déclaration de sinistre auto, doit reprendre fidèlement cette version.

Deuxième étape, demander des explications. Si la responsabilité retenue vous paraît erronée, écrivez à votre assureur en recommandé pour obtenir le détail du cas de barème appliqué et joignez vos preuves. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, qui supervise les assureurs, comme les comparatifs publiés par UFC-Que Choisir et l’Institut national de la consommation, rappellent que l’assuré peut exiger la motivation de la décision et la communication des pièces du dossier.

Troisième étape, saisir le médiateur puis, si nécessaire, le juge. En cas de désaccord persistant après réponse écrite de l’assureur, la saisine gratuite du médiateur de l’assurance constitue le recours suivant ; ses rapports d’activité annuels montrent que les litiges liés à la détermination des responsabilités figurent parmi les motifs récurrents de saisine. Le médiateur rend un avis indépendant après instruction. En dernier ressort, seul le tribunal judiciaire peut écarter le barème conventionnel et rétablir la responsabilité réelle, le juge n’étant jamais lié par un accord entre assureurs. Cette voie reste longue et n’est rationnelle que pour des enjeux significatifs, mais elle existe : la convention IRSA organise les rapports entre compagnies, elle ne prive jamais l’assuré de son droit d’accès au juge.

Pour approfondir les autres mécanismes de règlement et d’indemnisation, parcourez notre rubrique sinistres et bonus-malus, qui regroupe l’ensemble des décryptages sur les recours, les délais et l’évolution de votre coefficient.

Questions fréquentes

Les interrogations les plus courantes sur la convention IRSA et son application concrète au règlement des sinistres auto en 2026 sont traitées en détail ci-dessous.

Disclaimer : les informations présentées ont une vocation informative et ne constituent pas un conseil juridique personnalisé. La convention IRSA est un accord interprofessionnel entre assureurs adhérents, sans valeur de loi et sans force obligatoire à l’égard de l’assuré ; seuls le Code des assurances, le Code de la route et, pour les dommages corporels, la loi Badinter du 5 juillet 1985 ont valeur normative. Le seuil conventionnel de 6 500 euros hors taxes et le barème de responsabilité sont des paramètres internes à la convention, révisables par la profession. Les coefficients bonus-malus cités relèvent de l’annexe à l’article A121-1 du Code des assurances, en vigueur à la date de mise à jour de l’article. Votre indemnisation dépend de votre contrat, de vos garanties et de votre département : référez-vous aux conditions générales et aux ressources officielles ACPR, service-public.fr, France Assureurs, INC et Médiation de l’Assurance, et demandez conseil à un assureur agréé par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. À jour au juin 2026.

Questions fréquentes

La convention IRSA peut-elle modifier ma part de responsabilité affichée sur le constat ?
Oui, et c'est l'un des effets les plus mal compris de la convention IRSA. Le barème conventionnel de responsabilité reconstitue les torts à partir des seules cases cochées sur le constat amiable, indépendamment de ce que vous estimez être la réalité de l'accident. Si les cases que vous avez cochées correspondent à un cas de barème vous attribuant 50 ou 100 pour cent de responsabilité, votre assureur appliquera cette répartition entre compagnies, même si vous contestez les faits. Cette répartition conventionnelle sert au règlement entre assureurs et, dans la très grande majorité des cas, détermine aussi ce que votre assureur retient pour appliquer votre bonus-malus. Le seul moyen de faire valoir une version différente est de ne pas signer un constat inexact, d'apporter des preuves complémentaires (témoins, photos, dépôt de plainte) et, en cas de désaccord persistant, de saisir le médiateur de l'assurance puis, si nécessaire, le tribunal, seul à pouvoir écarter le barème conventionnel.
La convention IRSA s'applique-t-elle à tous les accidents de la route ?
Non, son champ est précisément délimité. La convention IRSA couvre les sinistres matériels (dommages aux véhicules) entre deux assureurs adhérents, pour des montants de dommages situés sous le seuil conventionnel fixé à 6 500 euros hors taxes par véhicule en 2026, dans le cadre d'un accident survenu en France. Elle ne s'applique pas aux dommages corporels, qui relèvent de la loi Badinter de 1985 et d'un régime d'indemnisation totalement distinct. Elle ne s'applique pas non plus lorsque l'un des véhicules n'est pas assuré ou que son assureur n'a pas adhéré à la convention, ni aux accidents impliquant un seul véhicule sans tiers, ni à ceux survenus à l'étranger. Au-delà du seuil de 6 500 euros, les assureurs sortent du recours forfaitaire et exercent un recours au réel sur la base du droit commun. Pour le conducteur, ce mécanisme reste invisible : il est indemnisé selon son contrat dans tous les cas, la convention ne réglant que les rapports entre compagnies.
Pourquoi mon assureur m'indemnise-t-il alors que je ne suis pas responsable ?
C'est le principe même de l'indemnisation directe organisée par la convention IRSA. Lorsque vous n'êtes pas responsable, votre propre assureur vous indemnise directement pour les dégâts de votre véhicule, sans attendre que l'assureur du responsable verse quoi que ce soit. Votre compagnie se retourne ensuite contre celle du responsable au moyen d'un recours forfaitaire, c'est-à-dire d'un remboursement calculé sur un montant moyen prédéfini, et non sur le coût réel de votre réparation. Ce mécanisme accélère considérablement votre indemnisation, qui aurait été beaucoup plus lente s'il avait fallu attendre le règlement entre les deux compagnies. L'indemnisation directe ne joue toutefois que si vous disposez d'une garantie dommages couvrant votre véhicule, ou dans le cadre de la garantie au tiers pour la part des dommages dont un tiers identifié est responsable. Votre niveau de garantie reste donc déterminant, la convention organisant la circulation des fonds entre assureurs mais ne créant aucune couverture qui ne figure pas dans votre contrat.
Le recours forfaitaire de la convention IRSA me coûte-t-il quelque chose ?
Non, le recours forfaitaire est un mécanisme strictement interne aux assureurs et n'a aucune incidence directe sur votre facture. Lorsque votre assureur récupère auprès de la compagnie adverse un montant forfaitaire moyen plutôt que le coût réel de la réparation, l'écart éventuel entre ce forfait et la dépense réelle est supporté par les compagnies, qui acceptent ce principe parce qu'il s'équilibre statistiquement sur l'ensemble des dossiers traités chaque année. Vous, conducteur, êtes indemnisé selon les termes de votre contrat : la valeur retenue, la franchise applicable et les plafonds dépendent uniquement de vos garanties souscrites, jamais du montant du recours forfaitaire entre compagnies. La seule somme qui reste à votre charge est la franchise prévue à votre contrat, et uniquement lorsque vous êtes responsable, totalement ou partiellement. Si vous n'êtes pas responsable et que le tiers est identifié, la franchise vous est en principe restituée par le jeu du recours de votre assureur.
Comment contester une responsabilité fixée par la convention IRSA ?
La contestation passe par plusieurs étapes graduées. Commencez par écrire à votre assureur en lettre recommandée pour exposer précisément les faits, en joignant toutes les preuves disponibles : photos des dommages et des positions, coordonnées et attestations de témoins, dépôt de plainte le cas échéant, croquis détaillé. Demandez le détail du cas de barème appliqué et la justification de la répartition retenue. Si la réponse ne vous satisfait pas, saisissez gratuitement le médiateur de l'assurance, qui rend un avis indépendant après instruction du dossier. Cette saisine est possible uniquement après une réclamation écrite restée sans réponse satisfaisante. En dernier recours, le tribunal judiciaire est seul compétent pour écarter le barème conventionnel et rétablir la responsabilité réelle au regard du Code de la route et des preuves produites. Le juge n'est jamais lié par la convention IRSA, qui n'est qu'un accord entre assureurs sans force obligatoire à l'égard de l'assuré. Cette voie contentieuse reste toutefois longue et n'est rentable que pour des enjeux financiers significatifs.

Damien Roussel

Rédacteur spécialisé assurance auto et 2-roues

Damien Roussel rédige les décryptages assurance de Couverox : garanties, bonus-malus, résiliation loi Hamon, jeune conducteur. Il s'appuie sur le Code des assurances et les barèmes publics des assureurs pour traduire les contrats en langage clair.

Information éditoriale. Couverox ne distribue pas de contrats d'assurance. Votre prime dépend de votre profil, de votre véhicule et de votre zone de circulation. Pour un devis, contactez un assureur agréé par l'ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution).

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